Je déteste avoir le mal de mer.
Je suis d'une humeur massacrante depuis ce matin et mon poisson au citron.
Le seul endroit où je peux me sentir bien est mon hamac suspendu au toit de ce bateau à fond plat. Le Navire remonte l'Amazone à un rythme de montgolfière.
Parfois, quand je regarde la rive avec insistance, je peux apercevoir les fantômes des lieux: des hommes- singes, des crocodiles- enfants pleurant à haute voix leur solitude.
Parfois, mon hamac me donne la sensation d'être seul derrière le voile du monde. Seul derrière une cascade à observer des baigneuses agiles et leurs vieilles mères. Elles lavent le linge et ainsi battent les rochers spongieux avec des tissus humides.
Les gouttes de mon miroir transparent remontent alors vers le ciel et heurtent mon front suant. Il ouvre les plis de sa peau brune.
Mon hamac me console de ma nostalgie, de mon voyage immobile sous lequel défile le fleuve qui cogne la coque en rythme avec des galets de pain dur.
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