La poésie est un train arrêté en pleine voie. Au centre de la
campagne.
C'est l'immobile qui observe le mouvement.
La poésie est le dialogue de la nature indifférente avec mon œil qui lui
permet d'exister.
C'est un dialogue rythmé. La pulsation sans le temps, la proportion sans la
conscience de ce qui doit être.
La poésie est la beauté qui s'ignore.
La poésie est cette seconde qui dure, un éternel fugace que le poète laisse
passer plutôt que de le saisir, c'est le contraire de la domestication. La
poésie est l'ensauvagement de l'homme.
La poésie est ce que je ne pourrai jamais dire. La poésie est ce que je ne
pourrai jamais écrire. Elle est l'expérience sans preuves d'une vérité que je
suis.
Elle est la raison pour laquelle nous créons des mots qui sont inopérants à
la décrire sans jamais abandonner l'idée d'en créer de nouveaux pour l'oublier.
La poésie est l'évidence. Elle est le sens de la vie, nous la
cherchons et pourtant, Elle est déjà là.
La poésie n'offre rien. Sa liberté nous encourage à faire de même, à être
libre. Elle est le baobab que nous admirons, perchés que nous sommes, au sommet
du baobab.
Elle est le cercle que j'observe depuis la Montagne et qui contient l'odeur
de la mer.
La poésie est ce qui permet à mon père et mon fils de s'étreindre sans
avoir besoin de ma présence. Elle est celle qui calme et celle qui
enflamme.
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