Je l'ai tant attendu ce jour où sans moi, le ciel s'est éclairé soudainement d'un tissu corail.
Depuis ce moment très particulier, mes rêves rouges me laissaient un goût fade au réveil. Un goût de bouche fermée des heures, comme on se tait en famille, triste et las, attendant la nuit pour partir. Pris de secousses aux amplitudes hachées, j'ai du patienter au seuil de mon été.
Ce salaud ne m'a donc pas attendu. Il est parti devant mais je lui ai couru après jusqu'à perdre haleine pour le rattraper et espérer le précéder autour de la table de mon enfance.
Tel était mon plan pour rester dans le présent. Mais le présent est un tapis de fakir, jonché de verre pilé. Et mes pieds gonflés de sommeil n'ont jamais osé fouler le sol rouge de braises.
Alors j'ai finalement passé mes journées au lit en priant le soleil de retirer ses mains de mes persiennes. Plusieurs fois, on me cria de descendre, de quitter cette couverture et de glisser le long de l'escalier de marbre froid pour partager un repas. A chaque appel, je tressaillais. Je préfère être attendu plutôt que d'attendre.
Les jours passants, mon attente a péri et sa raison a pourri. Le froid était de retour.
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